Ce coup de gueule est un témoignage de beaucoup de choses.
Des sentiments logiques comme la colère, la frustration, la confusion..
Et des mécanismes de défense psychique comme le relativisme, le réactionnisme et divers biais cognitifs.
Pour résumer, j'aurais tendance à englober tout ça sous un terme de psychologie bien connu : La schizophrénie
Clairement d'accord pour dire que notre monde moderne souffre apparemment d'une grave forme de cette maladie.
On pourrait croire (je le pensais aussi plus jeune) que cette affection à contaminé nos sociétés au fil du temps, en fonction des choix politiques, sociétaux, culturels..
On pourrait croire que ce sont des révolutions comme la révolution industrielle, la révolution verte des engrais chimiques des années 60 ou plus récemment des révolutions informatiques comme la massification d'internet ou l'arrivée des IA qui rendent nos sociétés toujours plus malades. Et c'est vrai que nombre de choix et de révolutions font en sorte d'amplifier les problèmes, la maladie, de créer et d'innover toujours plus dans les symptômes.
Mais je crois en réalité que cette maladie n'en ai pas une au sens d'une infection qui touche un corps sain. Pas quand le corps est pourri dès l'origine.
Cette schizophrénie est plus la base initiale sur laquelle repose toutes les sociétés modernes occidentales, que le capitalisme à su particulièrement bien exploité et qui repose sur une erreur comptable aussi simple que stupide :
La convention économique qui veut que les ressources naturelles soient gratuites car inépuisables.
Page wiki de "Ressources naturelles" :
Au début du XIXe siècle, l'économiste Jean-Baptiste Say ne comprend pas que les ressources et le capital naturel d'une planète finie sont pas, peu, difficilement, lentement ou coûteusement renouvelables et qu'elles peuvent donc être surexploitées. Dans son Traité d'économie politique (1803), il estime que l'air, l'eau, la lumière du soleil sont des richesses naturelles qui sont indifféremment données à tous, «
personne n'est obligé de les acquérir au prix d'un sacrifice quelconque. Elles n'ont donc point de valeur échangeable » et dans son cours complet d'économie politique (1828-1829) il prétend que « les richesses naturelles sont inépuisables, car, sans cela, nous ne les obtiendrions pas gratuitement. Ne pouvant être ni multipliées ni épuisées, elles ne sont pas l'objet des sciences économiques. »
A partir de là :
"La terre, qui était considérée par les physiocrates comme un facteur essentiel de création de valeur, n'est plus considérée comme un facteur de production par les économistes classiques et néoclassiques, qui ne retiennent comme facteurs de production que le capital et le travail.
Les matières premières vendues (mais non les ressources exploitées) sont comptabilisées comme consommations intermédiaires dans la comptabilité nationale : ainsi, les ressources naturelles n'ont de valeur, dans le modèle économique occidental, que par la quantité de capital et de travail nécessaire à leur extraction. Les ressources en elles-mêmes n'ont pas de valeur économique. Pour les théories économiques dominantes, tout se passe comme si les ressources naturelles étaient inépuisables."
Quel lien avec la schizophrénie du monde moderne ? Pour résumer à grand traits :
- Nous sommes éduqués pour vivre dans l'illusion d'évoluer dans un monde infini, aux ressources infinies car gratuites, alors qu'il ne l'ai pas. Ce qui pour le faire ludique, nous fais croire que notre costume d'Iron Man est éternel et rivalise avec celui de Superman, alors que ce costume est en réalité qu'une location précaire, soumise à condition de ressources.
- Nous sommes formés pour croire que notre exploitation par le travail grâce aux ressources sert des buts individuels et collectifs, des progrès émancipatoires alors qu'elle sert d'abord et surtout a l'accumulation de capital d'un petit nombre d'individus.
CF la richesse qui explose chez les millionnaires (et au delà) depuis 1975, en lien avec la croissance démographique, la déréglementation du marché du travail et le chômage.
- Nous sommes élevés, comme on élève la volaille, pour nous faire comprendre que le carcan sociétal dans lequel nous sommes cornérisé est la seule sorte de "prison du moindre mal" qui existe.
En oblitérant complètement bien sûr que même certaines poules sont encore capables de voler (bien plus rarement car il a trop de surpoids chez les races domestiqués on est d'accord)
CF Chicken Run
Bref pour recouper plus directement avec le message initial, parmi les conventions sociétales apprises (plus ou moins tôt), proposées, favorisées.., certaines peuvent être vitales (exemple sauver la planète), d'autres peuvent être relatives (être sportif, permet de vivre plus longtemps en meilleur santé, mais ça se rapproche plus du confort), d'autres sont discutables (réussir sa carrière, si c'est qu'une question d'égo c'est très limité) et enfin d'autres sont à oublier (la famille parfaite n'existe pas, l'argent devenant tyran,..).
Faut savoir faire la part des choses en gros, savoir être humble et accepter ses limites, savoir que même si certains comportements sont de moins en moins instinctifs (comme celui d'avoir des amis), ils peuvent restés intéressants à plus d'un titre et même juste utiles au quotidien rien qu'en terme pratique.
Les réelles horreurs de la vie moderne pour moi, ce sont les modes d'expressions, les sentiments instinctifs que peuvent provoquer la schizophrénie, à savoir la peur, la confusion, le délire psychique, l'extraction du réel, la violence exacerbée ou encore l'inertie social.