« L'Imposture » La face cachée de la prostitution Par Hubert Lapointe ce 15 septembre 2011 à 15h08
Le 30 septembre à 15 h 30, le Festival du film de Saint-Séverin présentera le documentaire « L'Imposture », un film de Ève Lamont. Lancé aux Rencontres internationales du documentaire (RIDM) à Montréal et à Québec en novembre 2010, « L'Imposture » présente une incursion dans les coulisses d'un monde méconnu et monstrueux, soit celui de la prostitution.
« Les discours de banalisation me tapaient sur les nerfs », de lancer la réalisatrice Ève Lamont. En effet, ayant été personnellement témoin d’horreurs, Mme Lamont a suivi l’objectif que la réalité sorte au grand jour. « Bien des gens pensent que la prostitution est un métier comme un autre et en parlent en termes de “travail du sexe”. Les défenseurs de la prostitution vont même jusqu’à invoquer la richesse, le plaisir sexuel et la liberté pour les femmes. Voilà L’Imposture! »
C’est ainsi que ses recherches ont commencé en 2006. Le tournage, quant à lui, a été effectué entre 2008 et 2010, période durant laquelle ont été rencontrées pas moins de 75 femmes qui ont pratiqué différentes formes de prostitution (danseuses nues, salon de massage, agence d’escortes, prostitution de rue), ceci à Montréal, Québec, Ottawa et en Montérégie. « Je voulais un portrait le plus proche possible de la réalité », a affirmé Ève Lamont. À son avis, bien que chaque cas est unique, elle a remarqué que plusieurs d’entre elles avaient un passé chargé de violence et/ou d’abus sexuels.
Le film présente donc les témoignages et les aléas d’une douzaine de femmes de l’industrie du sexe. « On est vraiment dans leur intimité. On entre dans leurs histoires », a poursuivi la documentariste qui compte 25 ans d’expérience. Notamment, y est raconté ce qu’Ève Lamont qualifie de « lune de miel » pour les nouvelles prostituées. Il s’agit en fait de la période où ces femmes, qui souvent n’ont que très peu d’estime d’elles-mêmes, se font complimenter sur leur beauté plusieurs fois par jour. Également, ces femmes espéreront faire un maximum d’argent en peu de temps, mais la réalité est souvent tout autre. « C’est comme un puits sans fond dont ne ressort pas facilement », a-t-elle commenté.
Ceux et celles qui auront manqué la projection au Festival du film de Saint-Séverin pourront se reprendre le 28 octobre à Québec, à l’occasion du Congrès pancanadien de la Société de criminologie du Québec. Sinon, dans quelques mois, le documentaire sera télédiffusé sur les ondes de Radio-Canada. Cependant, aucune date n’a encore été déterminée.
Pour visionner la bande-annonce du film, visitez le
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